Photogrammétrie par drone : qu’est-ce que c’est ?

Photogrammétrie par drone

Pour numériser en 3D, la photogrammétrie terrestre a longtemps été une méthode plébiscitée par les professionnels de la construction. Mais avec les diverses scènes qui doivent être prises d’en haut, le recours à la photogrammétrie aérienne s’impose. Pour ce faire, le drone constitue un moyen innovant et accessible.

Usage du drone dans le domaine de la construction : devenu incontournable

Auparavant, la numérisation aérienne faisait uniquement l’objet d’un traitement à l’échelle de territoires entiers. En effet, pour réussir ce projet, il fallait se servir des aéronefs onéreux et difficilement accessibles. Des financements notamment publics permettaient de réunir les outils nécessaires. 

Suite à des recherches industrielles et scientifiques, les technologies évoluent vers l’allègement des appareils de numérisation tridimensionnelle. Désormais moins lourds, les capteurs photo et LIDAR conviennent alors aux drones à faible capacité de portage. Pour prendre de la hauteur dans la photogrammétrie par drone, ce dernier devient donc un outil indispensable.

Le point sur la photogrammétrie par drone

En parlant de photogrammétrie, on se réfère à une technique pour modéliser en 3 dimensions et pour prendre des mesures ou des cotes. Sans devoir toucher au bien à mesurer, cette méthode exploite les angles issus des captures sur différentes positions. Basée sur la vision stéréoscopique humaine, la photogrammétrie utilise notamment les calculs de corrélation entre les prises de photographies. Cette technique en vogue depuis plus d’un siècle se démocratise actuellement grâce à l’essor des drones civils. Ainsi, les professionnels de la topographie peuvent profiter de levés topos simplifiés à grande échelle.

Quels résultats attendre de la photogrammétrie par drone ?

Grâce à l’assemblage de divers clichés aériens acquis à l’aide des drones, les experts obtiennent des orthophotos. Comme les drones atterrissent plus près de la zone à filmer et y effectuent un survol, les images gagnent en termes de définition, comparées à celles réalisées par avion. Les orthophotos obtenues accordent un fond de plan aux géomètres travaillant le plan topographique. Elles facilitent l’analyse des évolutions des phénomènes tels que l’enfrichement et le recul du trait de cote. Il s’agit aussi d’un outil d’études d’une commune, d’un massif forestier ou d’une zone d’activités.

Photogrammétrie par drones : sur quels modèles se pencher ?

Afin d’assurer les captations en photogrammétrie, les professionnels choisissent entre quelques types de drones en fonction du projet.

Pour travailler une zone inférieure à 100 ha et pour capturer des surfaces complexes comme les bâtiments à modéliser, ils se tournent vers les drones Multirotors. Cela inclut les types DJI Inspire, Mavic et Phantom.

Les drones Multirotors lourds permettent d’obtenir une meilleure définition avec les capteurs allant jusqu’à 100 millions de pixels. Cette catégorie englobe les types M600 Pro ou Freefly Alta.

Les projets à réaliser sur de grandes surfaces nécessitent des drones à l’aspect d’aile fixe, comme le modèle ebee. Avec des vols programmés, ces appareils couvrent rapidement de vastes dimensions.

Les moyens traditionnels pour de larges superficies, comme l’ULM, l’avion et l’hélicoptère conviennent aux projets spécifiques.

Méthodologie de photogrammétrie par drone

Cette technique peut suivre divers processus, de la captation des clichés au traitement de la photogrammétrie. Les experts ont à leur disposition des logiciels comme Autocad ou Meshroom. La fréquence de prises de vues par mètre carré diffère selon les objectifs attendus. Mais il faut noter que, plus le drone survole en mode basse altitude, plus le nombre de prises de vue nécessaire augmente. La qualité de pixel, la focale et le taux de recouvrement déterminent également les photos indispensables.  

Après cette étape de prise de vue, il faut passer à l’assemblage des images. Cette phase se réalise avec des logiciels au choix, payants ou open-source. Les formats d’export issus des modélisations 3D diffèrent selon les outils choisis. Ils doivent être adaptés aux logiciels utilisés par les topographes, les géomètres, les archéologues…

Photogrammétrie par drones : domaines d’application

La volumétrie constitue une des applications de cette technique. Elle vise à extraire des cubages et des tonnages des matériaux et des espaces délimités à partir des photos capturées. Les secteurs de la mine, de la production énergétique et de la gestion territoriale bénéficient entre autres de la volumétrie.

La photogrammétrie par drones fait également ses preuves dans le domaine de la modélisation 3D. L’étude d’évolution d’une crevasse, l’implantation d’une route, la création de modèles interactifs de bâtiments figurent parmi les applications possibles.